Un antidépresseur pour détubuler les cardiomyocytes !

De Life Sciences UPSaclay

Les tubules en T sont des invaginations membranaires essentielles au couplage excitation-contraction des myocytes cardiaques, puisqu’ils permettent d’acheminer le potentiel d’action au plus profond du cardiomyocyte et de coordonner la libération du calcium contenu dans le réticulum sarcoplasmique qui permet la contraction de la cellule. Dans l’insuffisance cardiaque, on observe une diminution du nombre de ces tubules T, ce qui diminue l’efficacité du couplage excitation-contraction et conduit à des perturbations de l’homéostasie calcique pro-arythmiques qui accompagnent cette pathologie.

Dans une étude récemment publiée dans Experimental Physiology, une équipe du laboratoire de Signalisation et Physiopathologie Cardiovasculaire (UMR-S 1180, INSERM/UPSud, LabEx LERMIT, Faculté de Pharmacie, Châtenay-Malabry) a exploré les effets de l'imipramine, un antidépresseur, qui est un médicament qui fait partie de la très grande famille des molécules amphiphiles cationiques. Ces composés sont connus pour interférer avec les interactions entre le phosphatidylinositol-4,5-bisphosphate (Pi(4,5)P2) membranaire et les protéines qui maintiennent le système tubulaire des cellules.

 

Le but premier de cette étude était de valider cette molécule comme nouvel outil de recherche pour induire une « détubulation » des cardiomyocytes et permettre ainsi d’acquérir de nouvelles connaissances concernant le rôle de ces structures membranaires. Cela est chose faite, puisque ces travaux démontrent que l'imipramine, à fortes concentrations, est un très bon agent de détubulation des cardiomyocytes, qui s’avère plus efficace et moins toxique que le formamide, l’agent classiquement utilisé pour réaliser ces expériences. Mais ces travaux permettent également de mieux comprendre en quoi le Pi(4,5)P2 serait essentiel pour maintenir les tubules T attachés à la surface des cardiomyocytes et renseignent aussi sur les effets cardiotoxiques des surdoses d'imipramine qui s’accompagnent souvent d’une insuffisance cardiaque.

Lire l'article

Contact : jerome.leroy @ u-psud.fr