Détruire pour mieux survivre !

From Life Sciences UPSaclay


Les mitochondries sont des organelles possédant de nombreuses fonctions essentielles à la survie cellulaire et participe notamment à l’induction des défenses antivirales de la cellule. Les virus ont développé des stratégies leur permettant d’adapter la machinerie cellulaire à leur profit pour assurer leur survie. Dans une étude parue ce mois-ci dans Autophagy, l’équipe d’Audrey Esclatine, de l’Institut de Biologie Intégrative de la Cellule (I2BC) et de la Faculté de Pharmacie de Châtenay-Malabry, et ses collaborateurs démontrent comment la protéine BHRF1, codée par le virus Epstein-Barr (EBV), pourrait améliorer la survie de l’EBV.

 

L’EBV appartient à la famille des Herpèsvirus, des virus persistants à vie dans l’organisme de par leur faculté à entrer en latence dans les cellules qu’ils infectent. Il est responsable à la fois de cancers, comme le lymphome de Burkitt ou le cancer du nasopharynx, et aussi de la mononucléose infectieuse. BHRF1 est une protéine codée par ce virus, qui présente des similitudes avec une protéine cellulaire dénommée Bcl-2. Outre sa capacité à empêcher la mort cellulaire programmée par apoptose, BHRF1 se localise au niveau des mitochondries pour perturber leur fonctionnement.

En effet, BHRF1 induit la fragmentation des mitochondries en des entités plus petites et leur agrégation proche du noyau : ce sont des mito-aggresomes. Ces mito-aggresomes sont la première étape menant à un phénomène de mitophagie, un processus cellulaire de dégradation sélective des mitochondries par autophagie.

Les travaux des chercheurs démontrent que BHRF1 stimule l’autophagie, permettant de séquestrer les mitochondries fragmentées dans des vésicules autophagiques et ainsi assurer leur dégradation. Cette mitophagie est à l’origine d’une diminution des défenses innées antivirales de la cellule. En effet, les mitochondries participent aux étapes précoces de la reconnaissance d’une infection virale, pour permettre la production d’interféron (IFN), une molécule antivirale clé. Ainsi, en détruisant une part des mitochondries, BHRF1 diminue les défenses de l’hôte en réduisant la production d’IFN, ce qui pourrait contribuer à la pathogenèse de l’EBV.

 

Lire l'article

Contact : audrey.esclatine @ universite-paris-saclay.fr