Deux enseignants-chercheurs de la Faculté de Pharmacie nommés à l'IUF

 

Par Laura Levitte / Publié le 22 mai 2017

Simona MURA et Myriam TAVERNA viennent respectivement d'être nommées membres de l’Institut Universitaire de France en tant que membre junior et senior. La cérémonie officielle d’installation des nouveaux membres aura lieu le 23 octobre prochain à La Sorbonne.

 

Cette distinction récompense la qualité scientifique de l'activité universitaire des candidats et vise à leur  apporter un soutien supplémentaire en termes de ressources et de temps libéré au profit de la recherche.

 

Qui sont les nominées ?

 

Simona MURA

 

Simona MURA a obtenu son doctorat en 2009 (Université de Cagliari, Italie). A la suite d’un stage post-doctoral réalisé à l’Institut Galien Paris-Sud, UMR CNRS 8612 sous la direction du Pr. Elias FATTAL, elle a été recrutée en 2011 au sein de la même unité (Directeur Elias FATTAL) en tant que Maître de Conférence associé à une chaire Université/CNRS. Elle a intégré l’équipe de recherche dirigée par le Pr. Patrick COUVREUR.

Elle possède une forte expertise, dans le développement de systèmes pour la délivrance de médicaments conçus à l’échelle nanométrique (nanomédicaments) ainsi que dans leur évaluation in vitro. Au sein de l’équipe du Pr. COUVREUR, elle élargit son domaine de compétences vers les études précliniques in vivo (modèles orthotopiques de cancer et imagerie du petit animal à haute résolution) ainsi que vers le développement de modèles de culture cellulaire en trois dimensions (3D). Afin de se familiariser avec les techniques 3D, en 2015 elle rejoint l’équipe du Pr. AKASHI, basée à Osaka (Japon), pour une période de 2 mois (durant laquelle elle a été nommée « Associate visiting professor »). Cette collaboration, qui a donné lieu à des résultats extrêmement prometteurs, continue dans le cadre du Programme Sakura, financé par Campus France

L’ensemble de ses travaux a fait l’objet de nombreuses publications dans les meilleures revues scientifiques de la discipline et certaines d’entre elles dans des revues prestigieuses. Sa production scientifique compte 37 publications. Elle est également l’éditeur d’un ouvrage publié par « World Scientific and Imperial College Press », et auteur de 4 chapitres de livre et de 12 communications orales à des conférences nationales et internationales.

Son activité de recherche concerne l’utilisation des nanotechnologies pour l’administration, le transport et la vectorisation des médicaments. L’objectif est de concevoir des nanomédicaments plus efficaces pour le traitement des maladies graves telles que le cancer et les maladies du système nerveux central.  En parallèle elle travaille sur le développement de modèles expérimentaux (systèmes de culture cellulaire 3D) qui permettent un screening efficace des nanomédicaments : l’objectif est d’identifier rapidement ceux qui auront le plus de chance d’atteindre le stade de l’expérimentation clinique.

 Son projet proposé à l’IUF vise à développer une approche ciblée pour bloquer l’infiltration de cellules immunitaires à travers la barrière hémato-encéphalique enflammée dans le cadre de la sclérose en plaques, maladie neuro-inflammatoire la plus courante du système nerveux central.

 

 

Myriam TAVERNA

Myriam Taverna a obtenu son doctorat en 1992. L’année suivante elle est nommée Maitre de conférences à la faculté de pharmacie de l’Université Paris-Sud. Elle obtient son habilitation à diriger les recherches en 1997 et est promue professeur des universités en chimie analytique et biotechnologie en 2005. Elle crée, alors une jeune équipe de recherche (JE) et rejoint en 2010 avec l'ensemble de son équipe, l'institut Galien Paris-Sud (UMR-8612, Dir Pr Fattal). Elle est actuellement à la tête d’une équipe de recherche pluridisciplinaire composée de 16 chercheurs, qui se consacre au développement de techniques analytiques miniaturisées pour l'analyse de peptides, protéines et de biomarqueurs s’appuyant notamment sur les nanotechnologies, les microsystèmes d'analyse,  l’électrophorèse capillaire et les capteurs. En 2012, elle obtient le prix de la valorisation du DIM C'nano puis suit une formation à l’entreprenariat à HEC Challenge +. Elle co-fonde en 2014 la start-up Alzohis dédiée au diagnostic de la maladie d'Alzheimer qui exploite actuellement un brevet dont elle est co-inventeur.

C'est grâce à l'obtention de nombreux financements notamment européens, ANR  et régionaux qu’à partir de 2006 elle oriente ses recherches vers les maladies neurologiques et neurodégénératives. Une grande partie des projets qu’elle conduit consiste à développement des outils de diagnostic soit par la recherche de nouveaux biomarqueurs soit de nouvelles stratégies analytiques pour les quantifier ou les rechercher dans les fluides biologiques. Elle a déjà formé une 20 aine de docteurs, publié plus de 110 articles internationaux (H index =25), 10 chapitres de livres internationaux. Elle a par ailleurs réalisé plus de 60 communications orales à travers le monde dont plus de la moitié sur invitation. Elle est reconnue au niveau international pour son expertise en électrophorèse capillaire des protéines et peptides

Les principales thématiques de sa recherche sont actuellement :

  • Le développement de microsystèmes d’analyse de peptides et de protéines dédiés au diagnostic de pathologies neuro-dégénératives
  • La caractérisation de micro et nano-vecteurs pour la vectorisation de médicaments
  • L’étude des  conformations de protéines thérapeutiques et  de complexes ou d’agrégats protéiques
  • Le développement de techniques analytiques de criblage in-vitro de l’activité de molécules « candidats médicaments » notamment en ce qui concerne deux pathologies le diabète et la maladie d’Alzheimer

Son projet proposé à l’IUF vise à explorer de nouvelles stratégies analytiques pour découvrir de nouveaux biomarqueurs de maladies neurodégénératives (MN) ou améliorer les performances des tests diagnostiques existants.