Fabrication de nanoparticules de type Janus impliquant des matériaux lipidiques

 

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Dans le domaine de la vectorisation des médicaments, sont apparus ces dernières années des systèmes dits anisotropes, car n’ayant pas des propriétés identiques dans toutes les directions de l’espace. Cette anisotropie peut provenir, par exemple, de la forme des objets dans le cas de particules allongées ou de leur composition dans le cas de particules appelées Janus (Dieu romain des commencements et des fins représenté par deux visages) car constituées de deux domaines possédant des propriétés différentes. Ces morphologies particulières peuvent modifier certaines propriétés des transporteurs de médicament comme leur distribution, leur internalisation ou leur capacité d’encapsulation et de libération de molécules actives. Des chercheurs de l’Institut Galien Paris-Sud s’intéressent à l’utilisation des matériaux lipidiques et amphiphiles pour le développement de tels systèmes innovants d’administration de médicaments et viennent de publier une étude intéressante dans la revue Nanoscale.

 


Les nanoparticules Janus dont il est question ici sont constituées d’un compartiment lipidique sur lequel est « accolé » un compartiment aqueux délimité par une bicouche à base de phospholipides et de tensioactifs non-ioniques. Il résulte de cet assemblage la possibilité de co-encapsuler des molécules aux solubilités opposées. Par rapport à des systèmes isotropes tels que les cubosomes par exemple, la dissymétrie de ces nanoparticules permet en théorie d’augmenter les taux de chargement en actifs ou de faciliter une libération contrôlée et indépendante de chacune des molécules actives. La méthode de préparation de ces systèmes, impliquant uniquement des excipients pharmaceutiques autorisés par les différentes pharmacopées et un procédé d’homogénéisation haute pression largement utilisé au niveau industriel, a été brevetée (US Patent 9,757,337). Un mécanisme de formation de ces nanoparticules a été proposé récemment dans le journal Nanoscale. Des expériences multi-échelles en microscopie et diffraction des rayons X aux petits angles ont ainsi permis de mettre en évidence une séparation de phase, température dépendante, lors de l’étape de refroidissement des nanodispersions produites par homogénéisation haute pression.

Les développements en cours autour de ces nanoparticules concernent, entre autres, les potentialités d’incorporation d’entités d’intérêt dans l’un et l’autre des compartiments, depuis des petites molécules thérapeutiques jusqu’à des grains d’oxyde de fer pour des applications d’imagerie, de guidage magnétique ou d’hyperthermie.

Contact : vincent.faivre @ u-psud.fr