Hommage à Michel Langlois

 

Michel LANGLOIS, 81 ans, s’en est allé le 23 décembre dernier.

 

Arrivé sur le campus de la Faculté de Pharmacie de Châtenay-Malabry en 1992, en tant que directeur de Recherche CNRS et responsable, dans l’UMR BioCIS, de l’équipe Reconnaissance moléculaire et cellulaire, il fait valoir ses droits à la retraite dix ans plus tard après une carrière riche et prolifique.

 

Diplômé de l’École nationale supérieure de chimie de Paris, Michel LANGLOIS poursuit par une thèse sous la direction d’une grande figure de la chimie française, le Pr. Marc JULIA et opte en 1965 pour une carrière dans l’industrie pharmaceutique. Il en gravit, pendant 24 ans, les différents échelons jusqu’à la direction des recherches biologiques aux laboratoires DELALANDE (absorbé ensuite par Synthélabo, associé plus tard à Sanofi).

 

1989 marque un tournant dans sa carrière : Michel passe de l'industrie au CNRS et devient directeur du Centre de recherche en chimie organique appliquée (CERCOA) à Thiais. En 1992, il rejoint avec son équipe, les chimistes châtenaisiens en compagnie de Jean-Pierre BÉGUÉ et Danièle BONNET-DELPON, mais aussi de Jean D'ANGÉLO. Ainsi, se constitue l’Unité BioCIS sous la houlette du Pr. André CAVÉ : de l’ERS 45, naîtra l’URA 1843 qui quelques années plus tard, se muera en l’UMR 8076 BioCIS.

 

Les travaux de Michel LANGLOIS et de son équipe Reconnaissance moléculaire et cellulaire, concernent les récepteurs membranaires couplés aux protéines G (RCPG), et tout particulièrement, les récepteurs de la dopamine D2, de la sérotonine 5-HT1A et 5-HT4 ainsi que ceux de la mélatonine. Pour mener à bien ses recherches à l'interface chimie-biologie, Michel crée, dans son laboratoire, une cellule de modélisation moléculaire avec Sames Sicsic et une cellule de réceptologie.

 

La thématique 5-HT4 a été féconde avec la découverte de deux ligands qui font toujours références, les ML 10302 et ML 10375. Une collaboration, non moins féconde, avec Rodolphe FISCHMEISTER et l’unité Inserm (alors U446) qu’il dirigeait, a permis, entre autres, la découverte de cinq isoformes du récepteur 5-HT4 humain et leur clonage. En dehors de l’aspect scientifique, cette collaboration a marqué une étape importance dans la vie de notre campus et peut être considérée comme la première pierre des structures édifiées par la suite autour de « l’innovation thérapeutique ».

 

Les collaborations industrielles ont, elles aussi, été fructueuses : le nombre de ligands mélatoninergiques synthétisés dont certains actifs à des concentrations picomolaires dépasse le millier grâce au développement, dans le laboratoire, de méthodes, originales à l’époque, de synthèse parallèle en phases solide et/ou liquide. Les apports scientifiques dans ce domaine pharmacologique ont été déterminants. Michel LANGLOIS a été aussi pionnier dans la valorisation scientifique ; des molécules actuellement commercialisées en tant que ligands mélatoninergiques, lui doivent certainement.

 

Michel LANGLOIS était un vrai « professionnel du médicament » dont les qualités humaines ont été louées par ses collaborateurs et ses amis. L’image d’un collègue affable et toujours souriant restera présente dans les mémoires.