Ménage à trois entre microbiote, inhibiteurs de checkpoint immunologie et inflammation intestinale

De Life Sciences UPSaclay

Les inhibiteurs de checkpoint immunitaires (ICI) ont amélioré le traitement de nombreux cancers, tels que le mélanome et le cancer du poumon. Les ICI stimulent les lymphocytes T, bien au delà des clones impliqués dans la réponse immunitaire anti tumorale. Ceci explique pourquoi les ICI provoquent des effets indésirables immuno-médiés (IRAE en anglais).

 

Un article paru dans la revue Gut par Franck Carbonnel  du Département de Gastroentérologie de l’hôpital Bicêtre (Faculté de Médecine UPSud), et des collaborateurs de l’Institut Micalis (INRA/AgroParisTech, Jouy-en-Josas), de la Faculté de Pharmacie UPSud de Châtenay-Malabry, du département de Dermatologie et de l’unité de service CNRS-UMS 3655/ INSERM-US23 de Gustave Roussy (Villejuif), fait la synthèse des connaissances concernant les entérocolites associées aux ICI.

Il décrit leur caractéristiques physiopathologiques, cliniques, endoscopiques, et la réponse au traitement par corticoïdes et infliximab. Certaines formes sont sévères et nécessitent une colectomie totale en urgence. Le diagnostic et le traitement adéquat doivent être effectués rapidement pour éviter les complications parfois léthales. Les entérocolites associées aux ICI ont de nombreuses similitudes avec les maladies inflammatoires chroniques de l'intestin (MICI), c'est à dire la maladie de Crohn et la rectocolite hémorragique. C'est pourquoi les chercheurs ont étudié cette entité comme un modèle de MICI. Ils ont trouvé qu'un microbiote intestinal riche en eubionts (bactéries liées à la santé) était associé à un risque plus élevé d'entérocolite associée aux ICI. Ils attendaient le résultat inverse. De plus, ils ont été les premiers à montrer qu'un microbiote intestinal riche en eubionts était associé avec une bonne réponse antitumorale aux ICI.

Ces résultats laissent espérer que la manipulation du microbiote intestinal pourrait améliorer la réponse et la sécurité d'emploi des ICI. D'autre part ils génèrent une hypothèse inédite dans la physiopathologie des MICI, selon laquelle certaines formes de MICI pourraient se développer indépendamment d'une dysbiose du microbiote intestinal

 

Contact : franck.carbonnel @ aphp.fr